Grand-maman ça se dit bien…

Mes petits enfants… une surprise pas surprenante de la vie. Un cadeau attendu qui valait la peine d’attendre… Le but du jeu:

 

 

 

 

 

Mes petits enfants… une surprise pas surprenante de la vie. Un cadeau attendu qui valait la peine d’attendre. Un cadeau sans quotidien qui va avec. Sans obligations autres que d’être là quand il faut. En plus qu’ils sont parfaits.

J’y arrive il me semble des fois…

Ne lisent pas, ne voyagent pas, refont tous les jours le même chemin, ne change pas de cap ni de vêtements de toutes couleurs.

Featured imageJ’ai lu un texte récemment qui m’a interpellée. Un texte qui dit qu’on doit se réaliser à travers l’action et l’accomplissement. Faire beaucoup. Lire, voyager, mettre des vêtements colorés, ne pas refaire tous les jours le même chemin, grimper des montagnes, changer de cap, manger mieux, jouer d’un instrument.  Faire de belles choses. On doit faire sous prétexte de dépérir. De s’éteindre. Comme si l’action et l’accomplissement étaient la recette d’une vie heureuse.
Je n’ai rien contre, car de fait, faire tout cela peut rendre heureux, moi inclus.
Mais exceptionnellement, je connais des gens qui ne font rien de tout cela. Ne lisent pas, ne voyagent pas, refont tous les jours le même chemin, ne change pas de cap ni de vêtements de toutes couleurs. Et qui sont plus heureux que nous ne pourrons jamais imaginer possible de l’être. ( je parle de vraie gens ici, normaux et en santé, que l’on croisent à l’occasion, et qui ne présente aucun intérêt.)  Mais qui pourrait aussi le faire mais ne le font pas. Parce ce n’est pas nécessaire, en n’ont pas d’intérêt. N’en ressente pas le besoin. On ne peut pas savoir en les regardant. Faut les côtoyer, leur parler. 
 Marcher avec eux, les écouter nous dire pas grand chose. Les entendre répéter que tout est magnifique, que tout est merveilleux. Que ce n’est rien. 
Le bonheur il est partout autour et à l’intérieur d’eux on dirait. Sans égard à une activité, une relation, un endroit, un bien, une croyance. Rien. Aucun besoin de voyager, de partager, d’avoir un appareil photo, des amis, des vêtements colorés.
Une ombre, un arbre, un rayon de soleil, une étoile, un nuage, une roche, un bruit, de la nourriture, une feuille, un odeur, c’est leur bonheur. Ils ne le disent pas parce que ça n’intéresse personne.
 Ça me rend tellement heureuse d’en connaitre et d’en côtoyer. Je suis privilégiée.
J’aspire à un tel bonheur. J’y arrive il me semble des fois….

Je m’arrête sur le bord de la route pour aucune raison. Je respire, je regarde autour. J’y arrive il me semble des fois….

Montagne

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Je suis montagne.
Avec ma cime enneigée, mes replis humides mes veines tumultueuses, mes crevasses pleines d’épaves qui racontent des histoires.
Je me ris de la pluie du vent du tonnerre et des éclairs.
Je suis la compagne des solitaires, on m’ascensionne dans un souffle de confidence. Je sais garder un secret.
Je grouille d’amis venus m’habiter, me défier.
Je me dresse au dessus des nuages le plus haut possible loin du bruit des villes. J’oublie la terre et ses commérages. J’attrape la lumière, et l’offre en arc-en-ciel. Je courtise les lunes jusqu’à leur pleine rondeur. Je suis infidèle.
Mes rires saccadés en avalanche et mes crachats glacés, sculptent mon profil de Tout-Puissant.
Je protège ma source. Eaux cristallines, limpides, d’une pureté sans nom, à jamais cachés dans mes grottes profondes.
Le temps me va bien. Je deviens ronde et facile. Le vent me chatouille et je ne gronde plus.

Carole
26 septembre 2012