Ou est la nuit?

Ce n’est plus la nuit plus le jour. Ce n’est plus rien. C’est l’espace crevassé du temps qui glisse tout doucement. Un temps qui pet pis répète. Le soleil qui ne se lève plus. Comme un battement de cœur, comme la prochaine respiration dont personne  n’aura conscience. Mais qui sera là puisque nous serons déjà en train de faire l’autre….

les bretons

C’étala vieilleit une petite chapelle toute croche toute vieille. Avec de l’herbe qui pousse entre ses pierres.  De l’herbe forte qui la sort de ses fondations.  Avec des fenêtres timides et sombres qui ne regardent personne. Et un clocher qui cloche.  Toute vieille la vieille. Toute croche la croche. Pourtant, des milliers de visiteurs tournoient autour chaque jour. Plus elle vieillit plus ça tourne autour. Je pourrais en dire  de tout ce que j’ai vu en Bretagne. Des pierres des roches comme l’esprit des gens. Des gens indélogeables mais friables. Avec de l’herbe qui leur pousse entre les orteils. Et des dents de granits impolies. Cachés derrières des portes. Des villages entiers de porte fermées.

Une chance qu’il y a la mer. Plus folle que jamais. Indomptable et impertinente.

Pêche 2015.  Voyage 

Vraiment un drôle de voyage. Premièrement on a perdu mon frère rapidement.  Pas perdu dans le sens de ne pas trouver. Perdu dans le sens de  » je suis tanné » voilà.  Sans doute aussi à cause du presque naufrage de la chaloupe qu’on a rattrapé « in extremis » une gouttelette de plus et s’en était fait.  Où l’escalade catastrophique qui nous a mis à l’épreuve. Culotte fendu. Poisson perdu. Journée ardu.  Et dans cette même première étrange journée, Martin au volant du Ford 150 casse d’un seul coup les trois Cannes à pêche.  Bref, on a tous  eu l’idée  un moment donné de faire comme Daniel.

Par chance que la deuxième journée a été plus profitable. Martin a attrapé une truite de deux livres. Vincent a fait la vaisselle. J’ai pris ma première truite du voyage. Pierre est devenu zen. On a mangé une livre de bacon. Katerine et moi avons visité le Vietnam, l’Ecosse, les USA.  Juste Ca.  Mais la pluie elle,  ne nous a pas quitté de la Journee.

Bref, un beau voyage, avec 42 belles truites dans nos glacières. Merci.

Pêche 2015…. Départ 

4h15… Ca y est on est entassé dans le camion.   Le départ est un peu chaotique, mais je crois bien que tout y est. Le soleil n’est pas encore levé et une petite brume nous accompagne. Plein  de chevreuils traversent la route devant nous.  11h20: On attend pour prendre le traversier de Rimouski Forestville. La température à chute dramatiquement depuis ce matin, de 26 à 9 de Sherbrooke à Rimouski.  Mes petites sandales ne suffisent plus. Mes petites orteils grelottent. Je n’avais pas trop prévu l’affaire et mes bottes sont quelque part dans les bacs de la boîte du pickup. 

13h40.  Nous venons de débarquer du traversier sur la côte nord hauteur Forestville. La traversée nous a bousculé un peu. Pierre et Daniel n’ont pas le pied marin, c’est confirmé.  Minnie elle s’est plutôt bien comporté. Martin catherine Vincent et moi pas de soucis, on est des marins.

Après notre enregistrement à la zec, on va manger un peu, histoire de remettre les estomac à l’endroit.  

Finalement on prend la route de terre  

Voyage de pêche 2015….. préparatifs

Certains attrapent des poissons d’autres des coups de soleils mais tous le monde attrapent des piqûres d’insectes. Moi j’attrape des images, des poissons, des insectes et des coups de soleils.

Je me prépare. La 50mm, la 70-300, la 18-55, trépied, batteries, cartes, sac.

Je rage un peu en dedans de ne pas encore avoir reçu mon fuji x-t10 pour l’occasion. Mais je pardonne à Best Buy grâce à un code rabais de 100$. Je pars un peu moins légère et ça va me tenir solide au sol.  Vaut mieux le prendre de cette façon.

Ce sont les préparatifs pour notre pèlerinage annuel dans le nord. Certains attrapent des poissons d’autres des coups de soleil mais tous le monde attrapent des piqûres d’insectes. Moi j’attrape des images, des poissons, des insectes et des coups de soleil.

Chaque année, nos fils leurs blondes Pierre et moi partons quelques jours dans le nord. Personne n’a idée comment c’est compliqué pour nous de partir à cette période de l’année. Ça rend l’aventure encore plus excitante, quasiment défendue.  On n’ose même pas le dire à personne,

Cette année frérot nous accompagne. Je lui offre à chaque été depuis une dizaine d’années de nous accompagner et c’est toujours la même réponse négative. Nous sommes heureux de partir avec lui.

La boutique Lachance Chasse et Pêche est un must quand on part à la pêche. Conseils, histoires de pêches, anecdotes, équipements tout y est. À chaque fois on se dit qu’on ne restera pas longtemps vu qu’on a beaucoup de magasinage à faire avant le départ. Mais ça finit toujours par déborder sur notre horaire. On sait quand on y entre mais jamais quand on ressortira. Finalement on ferme la boutique les bras pleins de cuillères, bas de lignes, cordes d’arrimage à poissons, deux étuis pour nos cannes, un habit de pluie pour Pierre, un petit truc pour enlever l’hameçon du fond de la gorge des poissons ( c’est violent la pêche aussi) et tenez vous bien, un boite à vers. Pas n’importe quelle boite à vers, mais bien celle qu’on a vu  dans l’émission les Dragons, oui celle-là. Je vous raconterais plus en détails nos impressions après avoir utilisé de ladite « super » boite à vers. À 20$ on a des attentes quand même. Aussi, si vous projetez une petite excursion de pêche il est impératif que vous rencontriez Jason de Lachance Chasse et Pêche.  Il est absolument très chouette.

J’y arrive il me semble des fois…

Ne lisent pas, ne voyagent pas, refont tous les jours le même chemin, ne change pas de cap ni de vêtements de toutes couleurs.

Featured imageJ’ai lu un texte récemment qui m’a interpellée. Un texte qui dit qu’on doit se réaliser à travers l’action et l’accomplissement. Faire beaucoup. Lire, voyager, mettre des vêtements colorés, ne pas refaire tous les jours le même chemin, grimper des montagnes, changer de cap, manger mieux, jouer d’un instrument.  Faire de belles choses. On doit faire sous prétexte de dépérir. De s’éteindre. Comme si l’action et l’accomplissement étaient la recette d’une vie heureuse.
Je n’ai rien contre, car de fait, faire tout cela peut rendre heureux, moi inclus.
Mais exceptionnellement, je connais des gens qui ne font rien de tout cela. Ne lisent pas, ne voyagent pas, refont tous les jours le même chemin, ne change pas de cap ni de vêtements de toutes couleurs. Et qui sont plus heureux que nous ne pourrons jamais imaginer possible de l’être. ( je parle de vraie gens ici, normaux et en santé, que l’on croisent à l’occasion, et qui ne présente aucun intérêt.)  Mais qui pourrait aussi le faire mais ne le font pas. Parce ce n’est pas nécessaire, en n’ont pas d’intérêt. N’en ressente pas le besoin. On ne peut pas savoir en les regardant. Faut les côtoyer, leur parler. 
 Marcher avec eux, les écouter nous dire pas grand chose. Les entendre répéter que tout est magnifique, que tout est merveilleux. Que ce n’est rien. 
Le bonheur il est partout autour et à l’intérieur d’eux on dirait. Sans égard à une activité, une relation, un endroit, un bien, une croyance. Rien. Aucun besoin de voyager, de partager, d’avoir un appareil photo, des amis, des vêtements colorés.
Une ombre, un arbre, un rayon de soleil, une étoile, un nuage, une roche, un bruit, de la nourriture, une feuille, un odeur, c’est leur bonheur. Ils ne le disent pas parce que ça n’intéresse personne.
 Ça me rend tellement heureuse d’en connaitre et d’en côtoyer. Je suis privilégiée.
J’aspire à un tel bonheur. J’y arrive il me semble des fois….

Je m’arrête sur le bord de la route pour aucune raison. Je respire, je regarde autour. J’y arrive il me semble des fois….

j’pourrais dire.

Dans deux jours je serais plus vieille qu’aujourd’hui.  Là à l’instant je suis plus jeune que demain. Car c’est de ça dont il est question, peu importe l’âge je serais toujours plus jeune que le prochain jour. À chaque instant je suis plus jeune que je ne le serais jamais. Jamais je ne serai plus jeune qu’aujourd’hui. Et demain sera pareil. Et tous les jours suivant jusqu’à ma mort. Donc, Je suis toujours plus jeune que jamais.  Comment profiter de cette jeunesse éternelle. Éternellement jeune pour tous les jours qui suivrons.

Même si je suis plus jeune que je ne serai jamais, j’ai quand même  été plus jeune que je le suis. Dans ce temps  j’y pensais aussi à mon âge. À 18 ans, je me semblais vieille. Je réfléchissais à l’envers, je me disais je ne serais jamais aussi jeune que j’ai été. Â 20 ans j’avais la nostalgie de mes 18 ans. À trente ans j’avais la nostalgie de mes 20 ans, sans jamais profiter tout à fait du moment. Aujourd’hui la jeunesse fini à 50 ans. La vieillesse commence à 70. Il y a un vingt ans de zone intermédiaire assez questionnant dont j’en suis. La zone des tout permis des tout essayés. Si t’es pas en forme tu t’y mets. Apprendre la musique, la photo, l’alpinisme, le sky, la voile, la plongée sous-marine, le tricot, le tissage, la peinture, la sculture, l’ébénisterie, la menuiserie, le tennis, la danse, le yoga, le taichi, la poésie. Faire ça vite , voyager partout où t’es pas aller. Quand je ne m’endure plus de tout essayé parce je suis plus jeune que je ne le serais jamais et bien j’arrête de réfléchir et ça me donne le goût de ralentir. J’ai juste envie de faire pas grand chose. Pas dans le sens de la fille dépressive à qui rien ne tente . Non! Dans le sens plutôt que si je ne fais rien, le temps va être long. Et si le temps est long ça va me paraître avoir beaucoup de temps devant moi. Quand le temps est long il ne passe pas vite. Et s’il ne passe pas vite j’aurais vraiment le temps de le voir passer. Si je m’attarde à toute les petites choses insignifiantes sans importances qui étirent le temps, et bien j’en aurait plus. Des journées qui ne finissent plus ça étire le temps. Ça  fige j’pourrais dire. Et si les jours se figent, c’est la même chose pour moi. Mais la vraie question c’est, ça me servirait à quoi? Ça donne quoi d’avoir du temps si on ne fait rien avec? Même  de communiquer avec un grand maître éveillé du moment présent, zen et contemplatif, je dis mon chat, ne répond pas à cette question.

Rien faire ne donne rien, mais faire est tout autant insignifiant.