lumière

La lumière qui me glisse la peau et qui ne ménage pas ses effets. Qui transforme mes yeux en chose vrai. Qui rétrécit ma pupille sans dessein. Qui étire mon ombre longtemps.
J’ai souvenir d’une journée sans lumière, juste une. Elle m’a frappée du côté sud, à ma plus coriace protection. Je suis devenue sauvage et vraie, sans ombre. Je me suis attrapée l’espace d’une journée, toute chose impossible n’existait plus. Ne rien voir d’autre que moi. C’était une journée à oublier mais qui ne s’oublie pas comme un bébé mort à la naissance.

La nuit obscure

Pendant une nuit obscure,
Enflammée d’un amour inquiet,
Ô l’heureuse fortune !
Je suis sortie sans être aperçue,
Lorsque ma maison était tranquille.

Étant assurée et déguisée,
Je suis sortie par un degré secret,
Ô l’heureuse fortune !
Et étant bien cachée dans les ténèbres,
Lorsque ma maison était tranquille.

Pendant cette heureuse nuit,
Je suis sortie en ce lieu secret
Où personne ne me voyait,
Sans autre lumière,
Que celle qui luit dans mon cœur.

Elle me conduisit
Plus surement que la lumière du midi,
Où m’attendait
celui qui me connait très bien,
Et où personne ne paraissait.

Ô nuit qui m’a conduite !
Ô nuit plus aimable que l’aurore !
Ô nuit qui as uni
le bien-aimé avec la bien-aimée,
en transformant l’amante en son bien-aimé.

Il dort tranquille dans mon sein
qui est plein de fleurs,
et que je garde tout entier pour lui seul :
je le chéris
et le rafraichis avec mon éventail de cèdre.

Lorsque le vent de l’aurore
fait voler ses cheveux,
il m’a frappé le cou avec sa main douce
et paisible,
et il a suspendu tous mes sens.

En me délaissant et en m’oubliant moi-même,
j’ai penché mon visage sur mon bien aimé.
Toutes choses étant perdues pour moi,
je me suis quittée et abandonnée moi-même,
en me délivrant de tout soin entre les lys blancs.

Jean de La Croix

La belle musique des films

C’est un dimanche. Une journée qui ne compte pas. Pouvoir ne rien faire qui compte.  Je pourrais aller à l’église mais il n’y en a plus. Et même s’il y en avait j’irais pas. L’église c’est l’équivalent du cinéma, on regarde et écoute des histoires inventés coincé sur un banc,

Je me retrouve au cinéma avec P. Le film d’un livre que j’ai déjà lu mais dont je ne me rappelle plus. Depuis 1 ans que je ne suis pas allée au cinéma parce que ce n’est pas ma tasse thé.  L’idée que quelqu’un a un jour pensé coincer un groupe de personnes dans un endroit fermé. C’était une autre époque vous me direz, quand il n’avait pas de télé mais en 2019 pourquoi?  Bref , je suis allée au cinéma pour faire plaisir à mon chum et j’ai regardé jusqu’au générique. Ça ne presse jamais pour moi d’aller m’asseoir au cinéma et ça ne presse jamais de me lever de mon siège pour repartir. J’aime les belles musiques de films et les génériques. Quand on repart et il n’y a plus personne dans la salle.

Profil de personnalité

Je ne suis pas une grande mangeuse. Avoir hâte de manger ne me ressemble pas….

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Je ne suis pas une grande mangeuse. Avoir hâte de manger pour un  mets particulier  ne me ressemble pas. Ni sucrée ni salées. Ni vin blanc ni vin rouge.  Mon régime c’est plusieurs portions fruits, salades, sardines, tomates et noix. Que je mange en continue sans horaire précis. Pas pratique pour une vie de couple mais c’est la condition pour vivre avec moi. Je m’assois rarement tranquille à une table encore moins au restaurant. J’ai déjà fait du pâté chinois bien certain mais je ne comprends toujours pas pourquoi on mélange des ingrédients qu’ils  est bien meilleurs de manger séparément.

Pour mon 61ieme Noël je me suis risqué à faire quelques tourtières, quelques biscuits, quelques muffins, des trucs mélangés qui au final goûte tout sauf les ingrédients qui y sont intégrés mais qui, m’a foie, me procure beaucoup de joie.  Je soupçonne mon statut de grand-mère d’y être pour quelques chose. Non pas que je pense faire plaisirs à mes petits enfants (4mois à 29mois) de cette manière. Mais on dirait qu’être grand-mère ça te fuck un profil de personnalité. J’aime faire des tourtières maintenant, que je mange avec fierté. 

Ou est la nuit?

Ce n’est plus la nuit plus le jour. Ce n’est plus rien. C’est l’espace crevassé du temps qui glisse tout doucement. Un temps qui pet pis répète. Le soleil qui ne se lève plus. Comme un battement de cœur, comme la prochaine respiration dont personne  n’aura conscience. Mais qui sera là puisque nous serons déjà en train de faire l’autre….